Tant pour les enfants hospitalisés, les parents que le personnel hospitalier :

Détente : l’animation d’Euphonie, le mardi après-midi est un des rares moments dans la semaine où le service reçoit des intervenants extérieurs qui, bouleversent un peu la vie journalière du service.

L’arrivée de musiciens dans le service est une parenthèse dans la routine des soins.

Convivialité : parents, enfants, soignants, institutrice, éducatrice, psychologue se retrouvent dans la salle de jeux, ensemble, pour partager un moment d’échanges, de chants, de danse.

Défoulement : Les musiciens recréent, dans la salle de jeux, les atmosphères de fêtes (fêtes de famille, fêtes de village etc…) propices au rire, aux larmes, à l’extériorisation des sentiments.

Dans les chambres, l’atmosphère est plus confinée, plus intime. Il se passe parfois des instants très intenses entre musiciens-enfants et parents s’ils sont là. Le son d’une voix chantée peut faire venir les larmes qu’on retenait depuis longtemps. Les musiciens présents partagent l’émotion au travers de leur musique.

Découverte : un musicien fait découvrir son instrument, sa façon de le jouer. Il va l’expliquer, parler du son, il pourra le faire essayer aux enfants. Ce moment peut être un moment de contact privilégié avec l’instrumentiste. C’est aussi la découverte du son en direct.

Apprentissage : le rôle des musiciens est aussi de servir d’intermédiaire entre la musique qu’ils jouent et qu’ils proposent aux enfants, et leur connaissance de celle-ci. Au travers de jeux (mélodiques, rythmiques, chantés, tapés…), souvent inventés sur le vif avec les enfants et parents présents, les musiciens d’Euphonie proposent une approche active des outils musicaux.

Activité : Les interventions sont des moments où on reprend du plaisir à jouer, partager, découvrir des univers sonores, écouter… autre chose que les machines branchées qui sonnent ou les bruits du service…Dans les chambres, les enfants ont souvent les yeux rivés à la télévision. L’arrivée des musiciens leur permet à nouveau d’être actifs, soit par le chant, soit par les percussions.

Choix : dans les chambres, les musiciens sont parfois confrontés à un refus net de l’enfant malade qui ne veut pas être « dérangé » par la musique (« j’n’aime pas la musique », « maman, fais les sortir », « j’ai mal aux oreilles », « vous m’cassez la tête » etc…). On peut dire « non » aux musiciens, alors qu’on ne peut pas dire « non » aux soins. Les musiciens doivent accepter le désir de l’enfant et, si l’enfant reste dans le service assez longtemps, retourner le solliciter et lui proposer l’animation chaque semaine, même s’il refuse chaque semaine (le cas de J. qui avait refusé pendant plusieurs semaines et qui, depuis quelques temps a fini par nous accepter et être très actif pendant les animations).

Échange : les enfants malades subissent leur maladie, les soins, les règlements stricts d’hygiène du service, l’inactivité etc…. Lorsque les musiciens sont présents avec eux, un dialogue s’installe qui n’est pas basé sur la pathologie de l’enfant, mais sur l’enfant lui-même, ses envies, ses besoins, les chansons qu’il a appris à l’école, la maison qu’il vient de quitter etc… La musique devient le prétexte pour redonner une identité propre à l’enfant en dehors de sa maladie.

Expression : Donner un moment d’expression à l’enfant, afin qu’il redevienne sujet dans un échange avec sa famille, ses amis, avec les soignants et les artistes. Il peut ainsi « échapper » à sa maladie, se voir autrement, dans un rôle actif, partenaire du geste créatif qui lui redonne vie.

Création de nouveaux liens entre :

  • le personnel soignant et les enfants malades ;
  • le personnel soignant et la famille ;
  • la famille et l’enfant malade ;
  • les artistes et les différents acteurs entre eux.

La pratique de la musique permet d’élargir le regard des différents partenaires. Elle est un facteur d’humanisation et de dynamisme de vie dans le service.

Par exemple, les parents peuvent être surpris de voir leur enfant exprimer à nouveau, à travers un jeu musical, un élan de vie, un rire, une certaine insouciance.